TVA horeca en Belgique : quel taux appliquer en 2026 ? Le guide clair
Trois taux de TVA cohabitent sur un même ticket de caisse horeca : 6 %, 12 % et 21 %. Une assiette servie en salle, la même assiette emportée, le verre de vin qui l'accompagne et la bouteille d'eau relèvent chacun de leur propre régime. Ajoutez la réforme budgétaire de 2026, annoncée en fanfare puis largement détricotée, et il devient difficile de savoir quel taux appliquer sans se tromper.
Ce guide remet les choses à plat pour les restaurateurs de Wallonie et de Bruxelles : les taux en vigueur, ce que l'arrêté royal du 14 février 2026 a réellement changé au 1er mars 2026, comment ventiler un menu tout compris, et ce que votre caisse blanche doit afficher. Chaque taux est daté et vérifié : la matière a suffisamment bougé en 2026 pour ne plus se fier à un article non daté.
Quel taux de TVA pour quoi dans l'horeca belge ?
Voici la règle de base, stable depuis des années et toujours d'application au 25 septembre 2026 (vérifiée auprès des fédérations Horeca Brussels et Fédération HoReCa Wallonie ; la référence légale est l'arrêté royal n° 20, consultable via le SPF Finances) :
Consommation sur place (service de restaurant ou de restauration) :
- Repas et aliments : 12 %
- Toutes les boissons : 21 %, qu'elles soient alcoolisées ou non. Bière, vin, soda, jus, café servi en salle et même l'eau : dès qu'une boisson est servie sur place, c'est 21 %.
À emporter et en livraison (livraison de biens, pas un service) :
- Aliments et boissons non alcoolisées : 6 %
- Boissons alcoolisées : 21 %, même à emporter
- Exception à connaître : certains produits dits de luxe (caviar, homards, langoustes) restent à 21 % même vendus à emporter.
La logique à retenir : le taux ne dépend pas de ce que vous vendez, mais de comment vous le vendez. Le même spaghetti bolognaise est à 12 % en salle et à 6 % dans une barquette à emporter. Le même café est à 21 % au comptoir et à 6 % en gobelet à emporter.
Cette mécanique n'est pas qu'un sujet de comptable : elle pèse directement sur vos marges et sur la construction de vos prix. Un restaurant qui vit de ses tables, réservations gérées par un logiciel de réservation pour restaurant ou par téléphone, encaisse l'essentiel de son chiffre à 12 % et 21 %, quand un snack à emporter travaille surtout à 6 %.
Qu'a vraiment changé la réforme TVA de 2026 ?
C'est ici que la confusion règne, car beaucoup d'articles publiés fin 2025 et début 2026 décrivent des mesures qui ne sont jamais entrées en vigueur.
Ce qui était annoncé
L'accord budgétaire fédéral prévoyait un vrai chambardement pour l'horeca, confirmé encore dans les projets de janvier 2026 :
- boissons non alcoolisées servies sur place : de 21 % à 12 % ;
- plats à emporter : de 6 % à 12 %, une mesure que la Fédération HoReCa Wallonie a combattue comme « injuste et incohérente » ;
- culture, sport et divertissement : de 6 % à 12 %.
Ce qui est réellement entré en vigueur le 1er mars 2026
Après l'avis du Conseil d'État, le gouvernement a retiré l'essentiel du volet horeca. Le 13 février 2026, le kern a annulé la hausse sur la nourriture à emporter, la culture et le sport, et la baisse sur les boissons non alcoolisées a été abandonnée dans la foulée. L'arrêté royal du 14 février 2026, en vigueur au 1er mars 2026, n'a finalement retenu que deux mesures notables, détaillées notamment par Moore Belgium :
- hébergement (hôtels, chambres d'hôtes, emplacements de camping) : de 6 % à 12 %, avec un régime transitoire pour les réservations effectuées au plus tard le 28 février 2026 dont la TVA était exigible avant le 30 juin 2026 ;
- pesticides et produits phytopharmaceutiques : de 12 % à 21 %.
Le bilan pour votre restaurant, au 25 septembre 2026
- Repas sur place : 12 %, inchangé.
- Boissons sur place, y compris softs et eau : 21 %, inchangé. La baisse à 12 % n'est pas en vigueur.
- À emporter : 6 % sur les aliments et boissons non alcoolisées, inchangé. La hausse à 12 % n'a pas eu lieu.
- Si vous louez aussi des chambres : les nuitées sont passées à 12 % depuis le 1er mars 2026.
Prudence pour la suite : le gouvernement a évoqué de nouvelles mesures de compensation lors des prochains contrôles budgétaires. Certaines des mesures abandonnées pourraient revenir sous une autre forme. Avant toute décision de prix, vérifiez le taux du moment sur le site du SPF Finances ou auprès de votre fédération horeca.
Comment gérer un menu tout compris avec boisson ?
Le menu à prix unique « apéritif, trois services, vins et café compris » est le cas pratique qui fâche : une partie du prix relève de 12 % (la nourriture), une autre de 21 % (les boissons). L'administration impose de ventiler le prix global entre les deux taux.
Trois règles à connaître :
- La règle générale : la ventilation se fait sur la base de la valeur normale des boissons, c'est-à-dire le prix que le client paierait s'il les commandait séparément.
- Le forfait de 35 % : pour les menus types « all-in » d'au moins trois services comprenant apéritif, vins assortis, eau minérale et café ou thé, l'administration accepte que la part boissons soit fixée forfaitairement à 35 % du prix du menu, taxée à 21 %, le solde étant à 12 %. Ce forfait ne s'applique pas aux formules incluant champagne ou boissons fortes, ni aux boissons servies après minuit (décision n° E.T.117.557 et circulaire du 4 avril 2019, résumées par Grant Thornton).
- La sanction par défaut : sans ventilation, tout le prix est taxé au taux le plus élevé, donc 21 % sur l'ensemble du menu. C'est l'erreur la plus coûteuse du secteur, car elle est purement administrative.
Le même principe vaut pour les formules lunch avec boisson comprise, les banquets de communion et les réveillons : si votre offre mélange assiette et verre dans un prix unique, ventilez, ou acceptez le 21 % sur tout. Au moment de fixer les prix de votre carte, raisonnez donc toujours en HTVA par taux, pas en prix affiché global.
Que doit indiquer votre ticket de caisse (SCE) ?
Les taux multiples se matérialisent sur le ticket. Votre système de caisse, enregistreuse classique ou caisse blanche (SCE), doit distinguer clairement les opérations à 6 %, 12 % et 21 % : c'est cette ventilation qui justifie vos déclarations TVA en cas de contrôle. En pratique, chaque article de votre carte est encodé avec son taux, et le même produit existe parfois en deux versions (sur place / à emporter) avec deux taux différents.
Rappel utile tant les deux sujets s'entremêlent : le seuil qui rend la caisse blanche obligatoire (25 000 € HTVA de chiffre d'affaires annuel) se calcule uniquement sur la nourriture consommée sur place, boissons et vente à emporter exclues. Un système de réservation, lui, n'a besoin d'aucune certification fiscale : seule la caisse est réglementée.
Pourquoi cette mécanique compte pour un restaurant qui vit de ses réservations ?
Si votre salle tourne aux réservations, votre chiffre d'affaires se partage entre du 12 % (les assiettes) et du 21 % (les verres). Deux conséquences très concrètes :
- Vos marges ne se comparent pas poste à poste. Sur un prix affiché TVAC identique, une boisson laisse mécaniquement moins de HTVA qu'une assiette. Intégrez ce différentiel dans vos calculs de rentabilité plutôt que de raisonner sur les prix cartes.
- Chaque couvert honoré compte double. Une table réservée qui ne vient pas, c'est du 12 % et du 21 % envolés d'un coup. Remplir sa salle de façon fiable est le levier le plus direct pour amortir une fiscalité que vous ne contrôlez pas ; nous avons comparé les outils disponibles côté belge dans notre guide des logiciels de réservation pour restaurant en Belgique.
Petite parenthèse en toute transparence, puisque nous éditons nous-mêmes un outil de réservation : les prix de ViteUneTable s'entendent, comme partout dans le B2B belge, hors TVA. La version gratuite est à 0 € et sans commission, et le Pack Standard à 29 € HTVA par mois ; la TVA que vous payez dessus est déductible comme sur n'importe quelle charge professionnelle.
Questions fréquentes
Quel est le taux de TVA sur un repas servi au restaurant en Belgique ?
12 % sur la nourriture consommée sur place. Ce taux est inchangé par la réforme de 2026 et toujours d'application au 25 septembre 2026.
Les boissons non alcoolisées sont-elles passées à 12 % en 2026 ?
Non. La baisse de 21 % à 12 % pour les softs servis sur place figurait dans l'accord budgétaire, mais elle n'a pas été reprise dans l'arrêté royal du 14 février 2026 et n'est donc pas entrée en vigueur le 1er mars 2026. Au 25 septembre 2026, toutes les boissons servies sur place, eau comprise, restent à 21 %.
Quel taux de TVA pour un plat à emporter ou livré ?
6 % pour les aliments et les boissons non alcoolisées à emporter ou livrés. Les boissons alcoolisées restent à 21 % même à emporter, tout comme quelques produits de luxe (caviar, homards, langoustes). La hausse à 12 % envisagée pour 2026 a été abandonnée.
Comment taxer un menu avec boisson comprise ?
En ventilant le prix : la part nourriture à 12 %, la part boissons à 21 %. Pour les menus all-in standards d'au moins trois services (apéritif, vins, eau, café), l'administration accepte un forfait de 35 % du prix pour les boissons. Sans ventilation, la totalité du menu est taxée à 21 %.
L'eau servie à table est-elle à 12 % ou à 21 % ?
À 21 %, comme toutes les boissons consommées sur place. La même bouteille vendue à emporter passe à 6 %.
Un logiciel de réservation doit-il être certifié pour la TVA ?
Non. Seul le système de caisse est réglementé (caisse blanche SCE au-delà de 25 000 € HTVA de nourriture sur place). Le carnet ou le logiciel de réservation n'a aucune obligation de certification fiscale.
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