Logiciel de réservation pour restaurant au Québec : le comparatif 2026
Cherchez « logiciel réservation restaurant » sur Google depuis Montréal ou Québec, et regardez bien les résultats : des comparatifs français, des prix en euros hors taxes, des références à la réglementation française et des fournisseurs qui n'ont aucune présence au Canada. Pour un restaurateur québécois, ces pages ne répondent à aucune de ses vraies questions : qui offre un service en français, qui facture en dollars américains, qui prélève des frais au couvert, et qui vous aide à respecter le règlement québécois sur les réservations fantômes en vigueur depuis le 17 juillet 2025.
Ce comparatif est écrit pour le Québec, avec des prix vérifiés en septembre 2026 sur les sites des fournisseurs eux-mêmes. Il inclut évidemment ViteUneTable, notre logiciel de réservation gratuit et sans commission : c'est notre blogue, et nous jouons cartes sur table. Chaque force et chaque limite, les nôtres comme celles des concurrents, est vérifiable à la source.
Le marché québécois a changé en 2026
Deux mouvements de consolidation redessinent le paysage :
- OpenTable a acheté Libro, la plateforme montréalaise, annonce faite le 20 avril 2026 (librorez.com). Libro demeure une marque distincte pour l'instant, mais son infrastructure est intégrée « par phases » à celle d'OpenTable.
- Amex fusionne Tock dans Resy d'ici l'été 2026 : l'application grand public Tock disparaît, le logiciel restaurateur continue sous Resy (Restaurant Business).
Pour vous, la question n'est plus seulement « quel outil prend mes réservations », mais « qui détient mes données de clients, et que deviendront mes conditions quand mon fournisseur sera racheté ». Un fichier de clients avec les allergies, les dates d'anniversaire et l'historique des visites est un actif de votre entreprise, pas celui de la plateforme, et la Loi 25 vous en rend responsable devant vos clients.
À noter aussi : Bookenda, longtemps cité comme le joueur montréalais de la réservation, n'existe plus comme service autonome ; son site redirige aujourd'hui vers TouchBistro Dine.
Les critères qui comptent vraiment au Québec
Avant de comparer les fournisseurs un à un, voici les cinq questions à poser, dans l'ordre :
- Le service et l'interface sont-ils en français ? La Charte de la langue française exige que votre clientèle puisse être servie en français, votre site et vos menus inclus. Un widget de réservation unilingue anglais sur le site d'un restaurant de Trois-Rivières, c'est un irritant pour vos clients et un risque de plainte à l'OQLF.
- Dans quelle devise êtes-vous facturé ? Plusieurs fournisseurs américains facturent en dollars américains. Au taux de change actuel, un forfait affiché 299 $ US dépasse les 400 $ CA par mois. Vérifiez toujours la devise avant de signer.
- Y a-t-il des frais au couvert ? Un abonnement fixe se budgète ; des frais par client assis (1 $ à 1,50 $ US chez certains) grossissent avec votre achalandage. Vos meilleures soirées deviennent vos factures les plus salées.
- L'outil vous aide-t-il à appliquer le règlement sur les réservations fantômes ? Depuis le 17 juillet 2025, vous pouvez exiger jusqu'à 10 $ par personne en cas de « no-show », mais seulement si vous respectez des conditions strictes : rappel envoyé entre 6 et 48 heures avant, moyen technologique d'annulation offert en tout temps, aucun montant débité avant l'heure prévue (Office de la protection du consommateur). Sans automatisation, ces conditions sont presque impossibles à tenir à la main ; notre article sur les no-shows au Québec et le règlement des 10 $ les détaille une à une.
- Qui détient vos données de clients ? Exportables librement ou verrouillées dans la plateforme ? Hébergées où, et partagées avec qui ?
Tableau comparatif (prix vérifiés en septembre 2026)
| Solution | Prix de départ | Frais au couvert | Version gratuite | Service en français |
|---|---|---|---|---|
| ViteUneTable | 0 € ; Pack Standard 29 €/mois | 0 % | Oui, illimitée | Oui |
| Libro | Non publié | Aucun (positionnement historique) | Non publié | Oui |
| OpenTable | 149 $ US/mois + frais au couvert (selon Eat App, avril 2026) | 0,25 $ à 1,50 $ US | Non | Interface oui |
| TouchBistro Réservations | Sur soumission | Aucun | Non | À valider en démo |
| Resy | 249 $ US/mois (selon Eat App, juillet 2026) | Aucun | Non | Non documenté |
| Reservit | Sur soumission | Aucun | Non | Oui |
| Eat App | 99 $ US/mois | Aucun | Oui, 100 couverts/mois | Non documenté |
Les grilles changent ; chaque fiche ci-dessous précise la source et la date de chaque chiffre.
OpenTable : la visibilité du réseau, au prix fort
OpenTable domine la réservation grand public dans les grandes villes canadiennes, et son site s'affiche en français sur opentable.ca. Pour un restaurant qui vise la clientèle touristique à Montréal ou à Québec, cette vitrine a une valeur réelle : soyons honnêtes, aucun autre acteur n'amène autant de convives « découverte ».
Le revers, c'est le modèle d'affaires. OpenTable ne publie pas de grille canadienne claire ; selon le relevé d'Eat App daté d'avril 2026, les forfaits vont de 149 $ US à 499 $ US par mois, plus des frais de 0,25 $ à 1,50 $ US par couvert selon leur provenance, et un nouveau frais de service de 2 % s'applique depuis début 2026 aux transactions comme les dépôts et les pénalités de non-présentation (Eat App, avril 2026). Facturation en dollars américains : au change, la facture réelle en dollars canadiens est nettement plus élevée que le chiffre affiché. Notre article alternative à OpenTable approfondit ce modèle, du point de vue français ; les ordres de grandeur valent aussi ici.
Libro : le champion montréalais, désormais propriété d'OpenTable
Libro est né à Montréal et s'est bâti une clientèle fidèle au Québec avec un positionnement clair : pas de commission, pas de frais au couvert, service local en français. En 2025, la plateforme dit avoir assis plus de 11 millions de convives (chiffre de l'entreprise). C'est une belle réussite d'ici, et beaucoup de restaurateurs québécois l'ont choisie précisément pour ne pas dépendre d'un géant américain.
C'est ce qui rend l'acquisition par OpenTable, annoncée le 20 avril 2026, si sensible. Libro promet une marque maintenue et un soutien local continu, avec une « intégration par phases » à l'infrastructure d'OpenTable et un accès optionnel à son réseau de convives (librorez.com). Ce qui n'est plus public : les prix. La page tarifs de Libro n'affiche aujourd'hui aucune grille ; les chiffres qui circulent (forfait avec intégration au point de vente autour de 111 $ CA par mois) proviennent d'annuaires tiers comme Capterra et datent d'avant l'acquisition. Si vous êtes client Libro et que vous vous demandez à quoi vous attendre, nous avons écrit un guide dédié : quelle alternative à Libro après le rachat par OpenTable.
TouchBistro Réservations : solide si vous avez déjà la caisse TouchBistro
TouchBistro, entreprise torontoise connue d'abord pour son point de vente (très répandu dans les restaurants d'ici, et certifié pour le MEV-WEB au Québec), offre un module Réservations : réservations illimitées pour un tarif mensuel fixe, sans frais par réservation, avec protection contre les non-présentations par empreinte de carte de crédit et intégration à Google (touchbistro.com). Le prix exact est sur soumission, et le site affiche ses tarifs de caisse en dollars américains (à partir de 69 $ US par mois pour le point de vente).
Soyons honnêtes : si votre restaurant tourne déjà sur la caisse TouchBistro, l'intégration salle-cuisine-facturation est un argument de poids. Si vous n'avez pas cette caisse, acheter tout l'écosystème juste pour les réservations est difficile à justifier. Point à valider en démo : l'étendue réelle du français dans l'interface et le portail convive tbdine.com.
Resy : le carnet des tables branchées, en dollars américains
Resy, propriété d'American Express, équipe une partie de la scène gastronomique de Montréal, Toronto et Vancouver. Forfaits fixes sans frais au couvert, autour de 249 $ à 399 $ US par mois selon le relevé d'Eat App (juillet 2026), facturés en dollars américains. L'absorption de Tock d'ici l'été 2026 va élargir son parc, mais pendant la transition, les restaurateurs Tock devront migrer. Pour un restaurant québécois hors du circuit « destination », Resy offre peu d'avantages face à des solutions moins chères, et sa documentation en français est inexistante.
Reservit : le vétéran hôtelier, distribué depuis Montréal
Reservit Canada, établie à Montréal et Toronto, distribue la plateforme Reservit : un moteur de réservation venu de l'hôtellerie, avec un module restaurant (plan de salle, réservation en ligne, événements), en abonnement annuel sans commission sur les réservations, entièrement en français (reservit.ca). Pas de grille publique : il faut demander une soumission. C'est une option sérieuse pour les tables d'hôtel et les groupes de restauration déjà dans l'univers Reservit ; pour un restaurant indépendant, le processus de vente sur soumission et l'ADN hôtelier en font rarement le premier choix.
Eat App : le plan gratuit plafonné
Eat App mérite sa place dans un comparatif québécois pour une raison précise : c'est l'un des rares acteurs avec un vrai plan à 0 $, limité à 100 convives par mois, puis des forfaits fixes sans frais au couvert à partir de 99 $ US par mois (eatapp.co). Pour un très petit établissement qui prend une poignée de réservations, le plan gratuit peut suffire. La limite arrive vite : 100 couverts, c'est deux ou trois bonnes soirées de fin de semaine. Et l'interface comme le soutien sont en anglais.
ViteUneTable : gratuit, sans commission, en français
Parlons de nous, franchement. ViteUneTable offre une version gratuite illimitée : réservations en ligne, plan de salle, confirmations et rappels automatiques par courriel, sans limite de couverts, avec 0 % de commission, pour toujours. Le Pack Standard, à 29 € par mois, ajoute entre autres « Réserver avec Google » (comment l'activer) ; le pack Standard + Anti No-Show, à 49 € par mois, ajoute l'empreinte bancaire pour sécuriser les grandes tablées. L'interface est nativement en français, et vos données de clients restent les vôtres, exportables en tout temps.
Deux points d'honnêteté. Un : l'abonnement des packs payants est facturé en euros, au taux de change du jour, puisque nous servons d'abord l'Europe ; la version gratuite, elle, ne coûte rien dans aucune devise. Deux : nous n'apportons pas de place de marché de convives comme OpenTable ; notre pari, c'est que vos réservations vous appartiennent, qu'elles arrivent par votre site, votre fiche Google ou votre porte. Utilisé avec le rappel automatique et une politique d'annulation claire, l'outil coche les conditions pratiques du règlement québécois : rappel dans la fenêtre requise, lien d'annulation en tout temps, aucun débit avant l'heure prévue.
Notre recommandation selon votre situation
- Vous ouvrez ou vous voulez arrêter de payer pour vos réservations : commencez avec la version gratuite de ViteUneTable ; vous pourrez toujours ajouter un pack plus tard.
- Votre salle dépend de la clientèle touristique et de la découverte : OpenTable amène du volume, budgétez les frais au couvert en dollars américains et surveillez le frais de 2 % sur les dépôts.
- Vous êtes client Libro : rien ne presse, mais suivez l'intégration à OpenTable et exportez régulièrement votre fichier de clients ; notre guide de migration Libro, plus haut dans cet article, donne la marche à suivre.
- Vous avez déjà la caisse TouchBistro : demandez une soumission pour le module Réservations, l'intégration est son vrai argument.
- Vous gérez un restaurant d'hôtel : Reservit parle votre langue, dans les deux sens du terme.
Questions fréquentes
Quel logiciel de réservation est gratuit pour un restaurant au Québec ?
ViteUneTable offre une version gratuite illimitée, sans commission ni frais au couvert. Eat App offre un plan à 0 $ limité à 100 convives par mois. Libro n'affiche plus de grille publique depuis son acquisition par OpenTable ; le statut de son offre d'entrée est à valider directement avec eux.
Un logiciel de réservation doit-il être certifié par Revenu Québec ?
Non. L'obligation de facturation avec MEV-WEB vise votre système d'enregistrement des ventes (la caisse), pas votre outil de réservation. Vous pouvez choisir librement votre logiciel de réservation ; assurez-vous simplement que votre caisse, elle, figure parmi les systèmes certifiés MEV-WEB.
Puis-je facturer des frais aux clients qui ne se présentent pas ?
Oui, jusqu'à 10 $ par personne pour une réservation de deux personnes ou plus, à condition d'avoir prévenu avant la réservation, d'envoyer un rappel entre 6 et 48 heures avant, d'offrir un moyen d'annulation technologique en tout temps et de ne rien débiter avant l'heure prévue. Le détail des conditions est sur le site de l'Office de la protection du consommateur, et notre article sur les réservations fantômes au Québec les traduit en gestes concrets.
OpenTable facture-t-il en dollars canadiens ?
OpenTable ne publie pas de grille canadienne distincte ; les prix relevés par des sources tierces en 2026 sont en dollars américains. Avant de signer, demandez par écrit la devise de facturation et le coût total mensuel estimé, frais au couvert inclus, pour votre volume de réservations.
Que va changer le rachat de Libro par OpenTable pour les restaurateurs ?
Officiellement, Libro demeure une marque distincte avec son soutien local, et ses clients pourront rejoindre le réseau de convives d'OpenTable en option. L'intégration de l'infrastructure se fait « par phases ». Aucune modification de prix n'a été annoncée publiquement à ce jour ; surveillez vos conditions de renouvellement et gardez une copie exportée de vos données.
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