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Livraison ou click and collect : le calcul honnête pour votre restaurant

Rédigé par Ludovic Frank Publié le 13 min de lecture
Illustration d'un restaurateur hésitant entre un livreur à scooter et un client venu retirer sa commande au comptoir

Un livreur qui attend devant le passe, un sac kraft agrafé, et une notification de plus sur la tablette : la livraison fait aujourd'hui partie du décor de la restauration. Mais entre le chiffre d'affaires qu'elle affiche et ce qu'il en reste réellement en caisse, l'écart surprend encore beaucoup de restaurateurs.

Cet article pose le calcul à plat : ce que prennent vraiment les plateformes de livraison (avec les chiffres qu'elles publient elles-mêmes), ce qui reste après commission, emballages et erreurs, dans quels cas la livraison a du sens, et pourquoi le click and collect en direct joue dans une toute autre catégorie de rentabilité. Vous verrez que la logique est exactement la même que pour vos couverts : c'est celle du canal direct, celle que nous défendons chez ViteUneTable pour vos réservations en direct, sans intermédiaire.

En résumé :

  • sur sa page tarifs officielle, Uber Eats affiche des frais de service de 30 % (formule Standard) à 33 % (Premium) sur les commandes livrées ;
  • Deliveroo ne publie pas de grille tarifaire publique : le taux se négocie au cas par cas ;
  • après commission, emballage, erreurs et remises, la marge d'une commande livrée fond, surtout sur les petits paniers ;
  • le click and collect en direct supprime la commission, mais exige un canal de commande à vous : site, téléphone, réseaux sociaux ;
  • la vente à emporter se facture en général à 10 % de TVA (consommation immédiate) et à 5,5 % pour la consommation différée, selon le barème officiel de l'administration fiscale.

Ce que prennent vraiment les plateformes de livraison

Premier réflexe avant toute décision : lire ce que les plateformes annoncent elles-mêmes, plutôt que les chiffres qui circulent de bouche à oreille.

Uber Eats : les taux publiés sur la page officielle

Sur sa page tarifs pour les commerçants en France (consultée en août 2026), Uber Eats affiche des frais de service de 30 % par commande livrée pour la formule Standard et de 33 % pour la formule Premium, qui promet davantage de visibilité dans l'application. Pour les commandes à emporter passées via l'application, le taux affiché descend à 15 % en formule Standard.

Deux précisions importantes :

  • ces pourcentages s'entendent hors taxes : la TVA s'ajoute sur la commission (elle reste déductible si vous êtes assujetti, mais elle pèse sur votre trésorerie) ;
  • ils s'appliquent au montant de la commande, pas à votre marge. Sur une commande de 30 €, 30 % de frais de service représentent 9 € HT, prélevés avant même de parler du coût de vos matières premières.

Ce niveau de commission n'est pas nouveau. Dès 2021, la presse professionnelle relevait ce taux standard de 30 % et la grogne qu'il suscitait chez les restaurateurs, comme dans cet article de Zepros Resto consacré au lancement d'une offre à taux réduit pour les commandes issues du propre site du restaurateur.

Deliveroo : pas de grille publique, tout se négocie

Deliveroo, de son côté, ne publie aucun pourcentage sur ses pages destinées aux restaurateurs français : la FAQ officielle Deliveroo Partners renvoie vers le portail partenaire ou un responsable de compte pour connaître ses conditions. Concrètement, le taux dépend de votre contrat, de votre zone et de votre volume, et vous ne le découvrez qu'en signant.

Retenez l'essentiel : sur les commandes livrées par la plateforme, l'ordre de grandeur du marché se situe autour du taux que Uber Eats assume publiquement, soit environ 30 % HT. Si un commercial vous promet beaucoup moins, lisez le contrat jusqu'au bout : formule de visibilité réduite, frais annexes et participation aux promotions changent vite le calcul.

Ce qui reste en caisse après une commande livrée

La commission n'est que la première ligne du calcul. Pour connaître la rentabilité réelle d'une commande livrée, il faut empiler tous les coûts propres à ce canal :

  • la commission de la plateforme : environ un tiers du panier sur une commande livrée, comme vu plus haut ;
  • l'emballage : barquettes, sacs, couverts, contenants isothermes. Un coût par commande qui n'existe pas en salle, et que la loi ne vous permet plus de traiter à la légère depuis l'interdiction progressive des plastiques à usage unique ;
  • les erreurs et litiges : commande incomplète, plat froid, adresse introuvable. Selon les contrats, le remboursement est souvent à votre charge, parfois sans possibilité réelle de contester ;
  • les promotions : les campagnes de mise en avant sur les plateformes sont fréquemment cofinancées par le restaurant, ce qui ampute encore le panier ;
  • le temps de production : une commande livrée mobilise votre cuisine exactement comme un couvert en salle, mais sans vente de boissons, qui est pourtant l'un des postes les plus margés de la restauration.

Restaurateur calculant la marge réelle de ses commandes livrées entre tickets, emballages et commission de plateforme
Commission, emballage, erreurs : la marge d'une commande livrée se calcule ligne par ligne

Faites le calcul sur votre propre carte : prenez votre plat le plus commandé en livraison, retirez la commission, le coût de l'emballage et votre coût matière, et regardez ce qui reste pour payer le personnel et les charges fixes. Pour beaucoup d'établissements, la commande livrée est proche de l'équilibre, voire déficitaire sur les petits paniers. Si vous ne connaissez pas précisément votre coût matière et vos ratios, commencez par notre guide sur la rentabilité d'un restaurant : sans ces chiffres, impossible d'arbitrer sereinement.

Quand la livraison a du sens (et quand elle détruit la marge)

Soyons honnêtes : la livraison n'est pas une arnaque, c'est un canal avec des règles économiques dures. Elle peut être pertinente dans des situations précises.

Les cas où la livraison se défend

  • Le volume marginal : votre cuisine tourne en sous-capacité sur certains créneaux (début de semaine, service du midi). Les commandes livrées remplissent des heures creuses sans coût fixe supplémentaire : même une marge faible reste une contribution positive.
  • La zone dense : en centre-ville, la demande de livraison existe déjà et la plateforme vous apporte des clients que vous n'auriez jamais touchés. C'est un canal d'acquisition, à traiter comme un budget marketing dont on mesure le retour.
  • L'offre qui voyage bien : pizzas, burgers, bols, cuisine du monde. Des plats conçus pour supporter 20 minutes de transport, avec un coût matière maîtrisé et un emballage simple.

Les cas où elle détruit la marge

  • Les plats qui voyagent mal : fritures qui ramollissent, dressages soignés, cuissons minute. Le client mécontent note la plateforme, mais c'est votre nom qui prend l'avis négatif.
  • Les petits paniers : sur une commande de 15 €, la commission et l'emballage absorbent l'essentiel de la marge. Sans minimum de commande ou menu pensé pour la livraison, vous travaillez pour la plateforme.
  • La cannibalisation : si les commandes livrées remplacent des clients qui seraient venus en salle (où ils auraient pris un dessert et une bouteille), vous échangez un couvert margé contre une commande commissionnée. Le chiffre d'affaires paraît stable, la marge s'évapore.
  • La dépendance : plus la part de la livraison grandit dans votre activité, plus la plateforme pèse dans la relation. Le jour où le taux, l'algorithme de visibilité ou les conditions changent, vous n'avez plus de levier.

Le click and collect en direct : zéro commission, mais un canal à construire

Le click and collect, c'est la vente à emporter organisée : le client commande à l'avance, paie ou non en ligne, et vient retirer sa commande à l'heure convenue. Économiquement, le contraste avec la livraison est brutal, dans le bon sens :

  • zéro commission si la commande passe par vos propres canaux ;
  • pas de livreur à attendre ni de plat qui refroidit sur un scooter : le client récupère sa commande au comptoir, à l'heure prévue ;
  • un flux lissé : les commandes anticipées se préparent entre deux coups de feu, au lieu de tomber en plein service ;
  • un client qui est le vôtre : son contact, son historique et sa fidélité vous appartiennent, au lieu d'enrichir la base de données d'une plateforme.

Cliente retirant sa commande à emporter au comptoir d'un restaurant, sacs kraft numérotés prêts derrière la serveuse
Le click and collect en direct : zéro commission, un client qui reste le vôtre

La contrepartie est réelle, et il faut la dire : sans plateforme, personne ne vous apporte les commandes. Il vous faut un canal direct, et en pratique trois suffisent :

  1. votre site internet, même simple, avec votre carte à jour et un moyen de commander ou de réserver. C'est la pièce centrale du dispositif : notre guide sur le site internet de restaurant détaille ce qui est indispensable et ce qui ne l'est pas ;
  2. le téléphone, qui reste le réflexe d'une grande partie de la clientèle pour une commande à emporter ;
  3. vos réseaux sociaux et votre fiche Google, qui transforment votre visibilité locale en commandes directes.

À noter : passer par une plateforme pour du retrait sur place reste possible, et coûte moins cher que la livraison (15 % affichés chez Uber Eats en formule Standard pour l'à emporter). C'est un entre-deux : moins de commission qu'en livraison, mais toujours un intermédiaire entre vous et votre client.

La TVA de la vente à emporter : 10 % ou 5,5 % selon les cas

La vente à emporter et la livraison obéissent à des règles de TVA précises, fixées par l'administration fiscale. Le critère n'est pas le lieu de consommation, mais son caractère immédiat ou différé. Le tableau récapitulatif officiel publié au BOFIP (impots.gouv.fr) le détaille produit par produit :

  • 10 % pour les produits destinés à une consommation immédiate : sandwichs, frites, pizzas, sushis, plats chauds vendus pour être mangés tout de suite, boissons servies dans des contenants non réutilisables ;
  • 5,5 % pour les produits vendus pour une consommation différée : plats préparés à réchauffer, pain et viennoiseries, boissons non alcoolisées en bouteille, canette ou brique ;
  • 20 % pour les boissons alcoolisées, dans tous les cas.

En pratique, une même commande à emporter peut donc mélanger plusieurs taux : un plat chaud à 10 %, une canette à 5,5 %, une bière à 20 %. Votre caisse doit ventiler correctement ces taux, et vos prix de vente doivent en tenir compte. Un point à valider avec votre expert-comptable au moment de lancer le click and collect, pas après le premier contrôle.

Le même arbitrage existe pour vos couverts

Prenez une minute pour relire ce qui précède en remplaçant « commande livrée » par « table réservée » : le raisonnement est identique.

Les plateformes de réservation à commission fonctionnent sur le même modèle que les plateformes de livraison : elles vous apportent de la visibilité et des clients, et se rémunèrent sur chaque couvert. Chez TheFork (LaFourchette) par exemple, la réservation apportée par la plateforme se paie au couvert, et les promotions attendues par les utilisateurs rognent le ticket moyen : nous avons détaillé ce mécanisme dans notre article sur les alternatives à TheFork.

Et la réponse rationnelle est la même que pour la livraison : utiliser les plateformes pour ce qu'elles savent faire (capter une demande que vous n'auriez pas eue), et construire en parallèle un canal direct qui vous appartient, où chaque réservation est à 0 % de commission.

C'est très exactement le positionnement de ViteUneTable, et nous l'assumons : notre logiciel de réservation pour restaurant existe pour que vos couverts passent en direct, par votre site, votre fiche Google ou votre téléphone. La version gratuite est illimitée, sans commission et sans engagement ; les packs payants (Pack Standard à 29 € HT par mois, Standard + Anti No-Show à 49 € HT) ajoutent les rappels et l'empreinte bancaire quand votre volume le justifie. Soyons honnêtes jusqu'au bout : ViteUneTable ne gère pas la commande en ligne ni la livraison, c'est un outil de réservation. Mais la logique de canal direct, elle, vaut pour les deux.

Par où commencer, concrètement

  1. Mesurez votre situation actuelle : part de la livraison dans votre chiffre d'affaires, marge réelle par commande livrée (commission, emballage, erreurs déduits), part des petits paniers.
  2. Assainissez la livraison si vous la gardez : minimum de commande, carte réduite aux plats qui voyagent bien, prix ajustés au canal, participation aux promotions limitée.
  3. Ouvrez un canal direct : une page de commande ou un formulaire simple sur votre site, un numéro mis en avant, un lien dans votre fiche Google et vos réseaux.
  4. Basculez progressivement vos habitués : un flyer dans chaque sac livré ou à emporter, une remise de bienvenue sur la première commande directe, et le rappel systématique qu'en direct, il n'y a ni frais de service ni intermédiaire.
  5. Appliquez la même logique à vos réservations : couverts en direct via votre propre système, plateformes en appoint pour la demande incrémentale.

Le fil conducteur ne change pas : chaque canal intermédié se paie, chaque canal direct se construit. Les restaurateurs qui s'en sortent le mieux ne sont ni ceux qui refusent toutes les plateformes, ni ceux qui leur confient tout : ce sont ceux qui savent exactement ce que chaque canal leur coûte, et qui gardent la relation client chez eux.

Questions fréquentes

Quelle commission prend Uber Eats à un restaurant en France ?

Sur sa page tarifs officielle (consultée en août 2026), Uber Eats affiche des frais de service de 30 % par commande livrée en formule Standard et de 33 % en formule Premium, hors taxes. Pour les commandes à emporter passées via l'application, le taux affiché descend à 15 % en formule Standard. Le taux exact applicable à votre établissement figure dans votre contrat.

Et Deliveroo, quel pourcentage prélève la plateforme ?

Deliveroo ne publie pas de grille tarifaire publique pour la France : sa FAQ partenaires renvoie vers le portail partenaire ou un responsable de compte. Le taux se négocie selon le contrat, la zone et le volume. Avant de signer, demandez le taux exact par type de commande, les frais annexes et les conditions de participation aux promotions, par écrit.

Le click and collect est-il vraiment rentable pour un restaurant ?

S'il passe par vos propres canaux (site, téléphone, réseaux sociaux), le click and collect ne supporte aucune commission : il ne reste que l'emballage et le temps de préparation. C'est structurellement le canal de vente à emporter le plus rentable. Sa limite est le volume : sans plateforme pour vous apporter des commandes, c'est votre visibilité locale qui fait le chiffre.

Quel taux de TVA appliquer sur la vente à emporter ?

Selon le barème officiel publié au BOFIP par l'administration fiscale, les produits vendus pour une consommation immédiate (plats chauds, sandwichs, frites) relèvent du taux de 10 %, les produits pour une consommation différée (plats à réchauffer, boissons non alcoolisées fermées) du taux de 5,5 %, et les boissons alcoolisées du taux de 20 %. Une même commande peut combiner plusieurs taux.

Faut-il quitter les plateformes de livraison du jour au lendemain ?

Rarement. Si la livraison remplit vos heures creuses ou vous apporte des clients incrémentaux, elle garde un rôle, à condition d'en connaître la marge réelle. La stratégie la plus solide consiste à garder les plateformes en appoint tout en développant un canal direct (click and collect, réservations en direct) qui grandit à chaque client converti.

La logique est-elle la même pour les réservations de tables ?

Oui, c'est le même arbitrage : les plateformes de réservation à commission apportent de la visibilité et se paient au couvert, tandis qu'une réservation prise en direct via votre site ou votre fiche Google ne vous coûte rien. Un logiciel comme ViteUneTable, gratuit et à 0 % de commission dans sa version de base, sert précisément à équiper ce canal direct.

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